Quelles îles visiter autour de Zanzibar pour enrichir son voyage
Envie d’élargir votre séjour à Zanzibar ? Je vous guide parmi les îles proches, entre snorkeling, nature, culture et pauses au calme, sans courir.

À Zanzibar, j’ai vite compris un petit piège délicieux : on arrive pour “la plage”, puis on découvre que chaque trajet en bateau ouvre une ambiance différente. Une île peut sentir l’histoire, une autre la mangrove, une autre encore le silence salé d’un banc de sable qui disparaît avec la marée. Et c’est justement ce que j’aime dans l’archipel : on peut élargir son voyage sans forcément le compliquer, à condition de choisir les îles selon son rythme, son budget et son envie du moment.
Je vous partage ici les îles autour de Zanzibar que je regarderais en priorité pour enrichir un séjour. Pas une collection de cartes postales à cocher, mais des pistes concrètes pour composer un voyage plus nuancé : un peu de mer, un peu de culture, beaucoup de respect pour ces lieux fragiles.
Avant de choisir : posez-vous trois questions simples
Avant de réserver une excursion parce que la photo est turquoise, je plaide coupable, ça m’arrive aussi, je conseille vraiment de réfléchir à trois choses.
D’abord, le temps dont vous disposez. Certaines îles se visitent en demi-journée depuis Stone Town ou la côte nord-est. D’autres, comme Pemba ou Mafia, demandent un vrai détour, avec au moins quelques nuits sur place pour que cela ait du sens.
Ensuite, votre tolérance aux excursions “formatées”. Les îles très accessibles attirent du monde, surtout en haute saison. Ce n’est pas forcément un problème, mais mieux vaut le savoir : pour profiter, il faut parfois partir tôt, choisir un opérateur sérieux ou accepter de ne pas être seul au monde.
Enfin, la mer commande. Les marées, le vent et l’état de l’océan peuvent changer le programme. À Zanzibar, j’ai appris à ne jamais bâtir une journée trop serrée autour d’un bateau : on gagne en sérénité en laissant une marge.
Chumbe Island : pour une parenthèse nature, pas juste une jolie plage
Chumbe est souvent citée pour son côté exclusif, mais ce qui me plaît surtout dans cette île, c’est son orientation très écologique. C’est une petite réserve privée connue pour son récif corallien protégé et son approche éducative. On n’y va pas pour faire la fête ni pour multiplier les activités : on y va pour observer, écouter, ralentir.
Le snorkeling peut y être magnifique quand les conditions sont bonnes, mais il faut garder en tête que l’accès est encadré. C’est précisément ce qui protège le lieu. Si vous avez envie de voir des coraux sans piétiner n’importe où, c’est une option à considérer sérieusement.
Mon conseil : réservez en amont et posez des questions sur le déroulé de la journée. Demandez notamment si le matériel est fourni, comment se passent les consignes environnementales, et ce qui est prévu si la météo rend la sortie moins favorable. Une excursion nature réussie, ce n’est pas seulement “voir des poissons”, c’est aussi comprendre pourquoi on ne touche pas, pourquoi on garde ses distances, pourquoi certains endroits sont limités.
Prison Island : intéressante, mais à visiter avec discernement
Prison Island, ou Changuu, est l’une des sorties les plus faciles depuis Stone Town. Le trajet en bateau est court, ce qui en fait une option pratique si vous avez peu de temps. L’île est connue pour son passé lié à l’histoire coloniale et pour ses tortues géantes.
Je trouve que c’est typiquement le genre de visite qui mérite d’être abordée sans naïveté. Oui, le cadre est beau. Oui, l’excursion est simple à organiser. Mais la présence d’animaux en captivité pose toujours des questions : qualité des soins, affluence, comportement des visiteurs. Avant d’y aller, je vous recommande de choisir un guide qui ne transforme pas la rencontre avec les tortues en attraction expédiée.
Sur place, quelques réflexes simples changent déjà beaucoup : ne pas nourrir les animaux sans autorisation, ne pas les toucher pour une photo, ne pas se coller à eux. Et surtout, prendre le temps de comprendre l’histoire du lieu, qui ne se limite pas à une jolie halte avant un bain.
Prison Island peut être une bonne demi-journée si vous logez à Stone Town, mais je ne la mettrais pas au centre d’un voyage à Zanzibar. C’est une parenthèse, pas forcément un incontournable absolu.
Mnemba : l’île qu’on admire surtout depuis l’eau
Mnemba fait rêver, et je comprends pourquoi : les eaux autour de l’atoll sont réputées pour le snorkeling et la plongée, avec de belles chances d’observer une vie marine variée selon la saison et les conditions. En revanche, l’île elle-même est privée, donc la plupart des voyageurs profitent surtout des alentours en bateau.
C’est un point important, car beaucoup d’excursions vendent “Mnemba” de façon un peu floue. En réalité, vous n’allez généralement pas poser votre serviette sur l’île. Vous partez plutôt naviguer, nager, faire du snorkeling autour de zones autorisées.
Pour éviter les déceptions, je poserais ces questions avant de réserver :
- Le départ se fait-il tôt, avant l’affluence ?
- Combien de personnes seront sur le bateau ?
- Le guide donne-t-il des consignes pour protéger les coraux ?
- Le matériel est-il en bon état, notamment masque et palmes ?
- L’excursion respecte-t-elle les distances avec les dauphins s’il y en a ?
Ce dernier point me tient à cœur. Voir des dauphins peut être bouleversant, mais les poursuivre en bateau ou sauter à l’eau au milieu d’un groupe stressé n’a rien d’une belle rencontre. La bonne excursion est celle qui sait renoncer quand l’animal a besoin d’espace.
Nakupenda : le banc de sable à aimer au bon moment
Nakupenda n’est pas vraiment une île au sens classique, plutôt un banc de sable qui apparaît et disparaît au gré des marées. C’est justement ce qui fait son charme : pendant quelques heures, vous avez l’impression d’être posé au milieu du bleu.
Mais ce charme dépend beaucoup du timing. Si vous arrivez en même temps que plusieurs bateaux, l’expérience devient moins magique. Si la marée est trop avancée, l’espace se réduit vite. Et sans ombre, le soleil peut cogner fort.
J’y verrais bien une sortie douce depuis Stone Town, combinée éventuellement avec Prison Island, mais pas une journée trop longue. Prenez de quoi vous protéger : chapeau, lunettes, crème solaire respectueuse du milieu marin si possible, et un tissu léger pour couvrir les épaules. Et gardez vos déchets avec vous, même les tout petits. Sur un banc de sable, rien ne “disparaît” vraiment.
Pemba : pour changer de monde, pas seulement de plage
Si vous avez déjà quelques jours à Zanzibar et que vous rêvez d’une île plus verte, plus calme, moins évidente, Pemba mérite d’entrer dans la conversation. Elle se trouve au nord d’Unguja, l’île principale de Zanzibar, et elle a une personnalité bien différente : reliefs plus vallonnés, végétation dense, villages plus discrets, atmosphère moins touristique.
Je ne conseillerais pas Pemba à quelqu’un qui veut tout avoir à portée de main, sortir tous les soirs et enchaîner les beach clubs. En revanche, pour les amateurs de plongée, de paysages plus sauvages et de séjours lents, c’est une belle idée. Les récifs autour de Pemba sont réputés, mais certains sites peuvent demander un bon niveau et une mer clémente. Il faut donc choisir un centre de plongée sérieux, pas seulement le moins cher ou le plus proche.
À terre, Pemba invite aussi à la nuance. On peut y découvrir des plantations, des zones de mangrove, des villages de pêcheurs, mais cela demande de la délicatesse. L’authenticité n’est pas un spectacle. Pour moi, la bonne approche consiste à passer par des guides locaux, demander avant de photographier, et accepter que certaines journées soient simplement faites de routes, de regards, de marchés, de conversations courtes.
Prévoyez au moins deux ou trois nuits si vous faites le détour. Venir pour une seule journée me semblerait frustrant, à cause du temps de transport et du rythme plus lent de l’île.
Tumbatu : proche, discrète, et pas toujours simple d’accès
Tumbatu se trouve au large de la côte nord-ouest de Zanzibar. On la voit parfois depuis certaines plages, et pourtant elle reste moins présente dans les itinéraires classiques. C’est une île habitée, avec une identité locale forte, et l’accès ne se fait pas comme une simple excursion balnéaire improvisée.
C’est justement ce qui m’intéresse : Tumbatu rappelle qu’une île n’est pas forcément “à visiter” parce qu’elle est jolie sur la carte. Il y a des communautés, des règles, des usages. Si vous souhaitez y aller, renseignez-vous auprès d’un guide local fiable, respectez les autorisations nécessaires et évitez d’arriver avec une mentalité de consommateur de décor.
Je la recommanderais plutôt aux voyageurs curieux de culture et d’histoire locale, capables d’apprécier une sortie sobre, sans promesse de plage parfaite ni programme spectaculaire. Parfois, le voyage le plus marquant est celui où l’on parle moins et où l’on observe mieux.
Mafia Island : plus loin, mais fabuleuse pour les amoureux de mer
Mafia Island n’appartient pas exactement au petit cercle des îles juste autour d’Unguja, mais beaucoup de voyageurs l’envisagent en complément d’un séjour à Zanzibar. Elle se situe plus au sud, sur la côte tanzanienne, et demande une organisation à part. Je l’inclus parce qu’elle peut être un vrai prolongement si votre priorité est l’océan.
Mafia est connue pour son parc marin, ses sorties de plongée et, selon la saison, la possibilité d’observer des requins-baleines. Là encore, prudence : aucune observation n’est garantie, et l’éthique de l’approche compte énormément. Nager avec un animal sauvage ne devrait jamais ressembler à une course.
Ce que j’aime dans l’idée de Mafia, c’est le changement de tempo. On y va pour un séjour plus nature, plus marin, moins centré sur l’image très “carte postale” de Zanzibar. Si vous avez deux semaines en Tanzanie et que vous voulez équilibrer plage, fonds marins et calme, c’est une piste à étudier.
Comment construire un itinéraire sans s’éparpiller
Le risque, autour de Zanzibar, c’est de vouloir tout faire : un banc de sable, une île privée, une sortie dauphins, une île culturelle, puis Pemba, puis Mafia… Sur le papier, c’est excitant. Sur place, cela peut devenir fatigant et coûteux en transferts.
À mon avis, mieux vaut choisir une intention principale :
- Pour une première fois courte : Stone Town, une excursion vers Changuu ou Nakupenda, puis quelques jours plage sur Unguja.
- Pour le snorkeling encadré : Chumbe ou Mnemba, en privilégiant un opérateur sérieux.
- Pour une vraie échappée : Pemba avec plusieurs nuits, sans chercher à rentabiliser chaque heure.
- Pour un voyage très marin : Zanzibar puis Mafia, si vous avez assez de temps.
Gardez aussi une journée sans bateau entre deux excursions. Le corps apprécie, et l’esprit aussi. À force de courir après les îles, on oublie parfois de savourer celle où l’on dort.
Mes petits repères pour choisir une excursion plus responsable
Je ne prétends pas voyager parfaitement, mais j’essaie de faire mieux à chaque départ. Autour de Zanzibar, quelques signes m’aident à repérer les prestataires plus sérieux : ils expliquent les règles avant la mise à l’eau, limitent la taille des groupes, ne promettent pas des animaux “à coup sûr”, vérifient que personne ne marche sur les coraux, et parlent clairement des marées.
Je me méfie davantage des discours trop pressés : “meilleur spot garanti”, “dauphins assurés”, “île privée accessible partout”. La mer n’est pas un parc d’attractions. Un bon guide sait composer avec elle, pas la dominer.
Enfin, prévoyez toujours un peu d’argent liquide, une pochette étanche, de l’eau, et une tenue qui respecte les lieux habités lorsque vous quittez la plage. Zanzibar est une destination balnéaire, oui, mais aussi un territoire avec une culture, une pudeur et une vie quotidienne qui ne s’arrêtent pas aux resorts.
Partir vers les îles, mais revenir à l’essentiel
Explorer les îles autour de Zanzibar, ce n’est pas seulement ajouter des points à son itinéraire. C’est découvrir que l’archipel a plusieurs voix : celle des récifs, celle des villages, celle des histoires coloniales, celle des marées qui décident pour tout le monde.
Si je devais résumer mon conseil, ce serait celui-ci : choisissez moins, mais choisissez mieux. Une sortie bien préparée vers Chumbe, une matinée lucide à Prison Island, quelques jours profonds à Pemba ou une échappée vers Mafia peuvent donner plus de relief à votre voyage qu’une succession d’excursions avalées trop vite.
Laissez une place à la lenteur, aux imprévus, aux discussions avec les guides, aux silences face à l’eau. C’est souvent là, entre deux traversées, que Zanzibar cesse d’être une image et devient un vrai souvenir.

À bientôt, Dophy
Cet article t’a plu ? Pioche-en un autre, il y en a 665 qui n’attendent que toi.



